Chères joueuses, chers joueurs,
Ce document est une œuvre de fiction, basée autant que faire se peut sur les connaissances que nous avions des sites archéologiques à l’époque où le texte de Sir Archibald est situé, soit en 1933. La situation géopolitique mentionnée est celle de l’époque, les archéologues cités ont réellement existé et œuvré à fouiller ces sites. Seul leur supposé lien avec notre archéologue de la Royal Society of Archeology est fictif.
Lorsque j’ai commencé à concevoir le prototype de ce jeu, qui s’appelait alors Terra Explorare, j’ai très vite acté qu’il serait ancré dans une réalité historique, et ce pour plusieurs raisons.
D’abord, j’avais envie de partager avec vous ma passion pour les vieilles pierres, les civilisations disparues et les mystères qui perdurent : langue non traduite (disque de Phaïstos), construction inexpliquée (pyramides de Gizeh, Tiwanaku), site largement inexploré à ce jour (Machu Picchu, Choquequirao).
Ensuite, je souhaitais favoriser votre immersion dans la peau de ces pionniers de l’archéologie moderne, en rendant cohérentes et compréhensibles les actions de jeu réalisées par vos explorateurs. Je suis très sensible moi-même à tous ces éléments thématiques et narratifs quand je joue.
Enfin, et surtout, j’avais à cœur de vous faire découvrir tous ces sites archéologiques qui ont traversé les affres du temps et de l’histoire pour se présenter à nous aujourd’hui. Certains le sont dans un état de conservation parfois impressionnant, grâce au travail méticuleux et acharné de tous ces archéologues, hommes et femmes, qui ont parfois dédié leur vie à la fouille de leur eldorado.
J’ai donc très tôt effectué des recherches pour dresser une liste de sites qui soient déjà découverts à l’époque supposée du jeu (1920-1930), pour plus de réalisme et éviter les anachronies. J’ai également passé beaucoup de temps, pour l’immersion mais aussi par curiosité et passion, à rechercher des photos d’époque des sites, dans l’état où l’on pouvait les observer au début du XXe siècle. Certains étaient à peine défrichés (Tikal, Palenque), voire juste découverts (Machu Picchu, Antioche), quand d’autres avaient déjà été maintes et maintes fois explorés et fouillés (Pompéi, la Vallée des rois). Je remercie au passage toute l’équipe d’édition, et en particulier Guillaume Tavernier, l’illustrateur, pour avoir gardé l’idée de représenter les sites archéologiques tels qu’ils apparaissaient aux voyageurs et explorateurs de l’époque. Certains ont d’ailleurs disparus ou ont été dégradés depuis, comme les bouddhas de Bâmiyân ou des monuments de Palmyre.
J’espère humblement que ce livret vous donnera envie d’en savoir plus sur telle ou telle civilisation, de visiter tel ou tel site, voire d’éveiller chez certains d’entre vous une fibre archéologique. Il reste tant de choses à découvrir de notre passé… J’aurais grand plaisir à échanger avec vous, au détour d’un salon ou d’une soirée jeux, sur la genèse de ce jeu et ma passion pour ce monde merveilleux et parfois surprenant de la découverte des vestiges anciens.
Bonne lecture,
Eric